Samedi soir, nous voilà attrapant le métro direction Mons-en-Barœul pour le Oooh! Festival – un tout jeune festival qui souhaitait proposer une programmation éclectique où la musique française (et surtout francophone) était mise en perspective. En tête d’affiche du samedi, Suzane. Nouvelle venue dans le game de cette nouvelle vague pop qui réconcilie avec les chansons à texte françaises, elle seule pouvait nous pousser à quitter nos quartiers du Vieux-Lille pour s’aventurer dans ces contrées lointaines qu’on appelle ‘métropole lilloise’ 🧝‍♀️

Si on peut malheureusement remarquer que dans le monde de la musique (dans tous les autres mondes aussi d’ailleurs), les femmes sont en permanence comparées et poussées à la concurrence les unes avec les autres (Cardi B et Nicki Minaj, Angèle et Bilie Eilish, Alice et Moi et Angèle, Clara Luciani et Juliette Armanet blablabla), Suzane est la seule artiste féminine à sortir clairement du lot. En effet, après avoir parcouru plusieurs articles à son sujet, on a remarqué qu’elle était davantage associée au flow d’Eddy de Pretto et aux beats de Stromaë. Même si elle n’échappe pas à ce besoin chronique de ‘comparer’, elle fait pourtant preuve d’innovation (et ce, on l’imagine, malgré elle) en poussant les gens à la comparer à des mecs. Si tu t’attends à ce qu’on te donne des explications sur le pourquoi du comment, désolé mais on va être très mauvais pour analyser ça d’avantage. On dira simplement que les gens la voient peut-être comme une artiste qui a des balls. Dans tous les cas, ça on peut te le confirmer, son show était plutôt couillu 🍒

Mais avant de te parler du show en lui-même, je tiens quand même à souligner un fait qui me surprend toujours. Tu imagines bien que ce soir là, la salle était bien loin d’être remplie (un festival jeune qui a toute une réputation à se forger, une jeune artiste en pleine émergence en tête d’affiche de la soirée etc). Et pourtant, l’ambiance qui régnait dans la salle valait tous les Stade de France du monde putain. Le public aggloméré autour de la scène chantait et dansait comme s’il ne pourrait plus jamais danser du tout du tout. C’est vraiment dingue comme le sang lillois peut bouillir en deux secondes dès qu’on lui fout quelques lights et de la musique 💃🏻

Bref, revenons-en à Suzane. Découverte avec ses titres ‘L’Insatisfait‘, ‘La Flemme‘ et ‘Suzane‘ (le dernier en date), Suzane crée, écrit et compose ses chansons comme des histoires. Des histoires qui réussissent, grâce à leurs thèmes variés (la flemme, l’insatisfaction chronique, les violences verbales subies par les femmes, l’obsession de la minceur etc), à toucher, rassembler et fédérer aisément n’importe qui. Avec ses morceaux dopés de sons électro qui te donnent carrément l’envie de trémousser tout ton petit corps (qui est d’ailleurs clairement un corps de surimi à la sortie de l’hiver et qui attend sa mutation en summer body – tu connais les bails 🦀), on a réellement eu envie que ce concert se prolonge tout au long de la nuit pour continuer à se laisser bercer par toutes ces histoires de vie énergiquement mises en scène par des chorégraphies improbables, elles aussi somme toutes fédératrices à souhait 🌟

Photos © Noémie Danjou
Rédaction Julien Drot

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